Résumé de l’apéro #4 WdStr

Mercredi 5 décembre s’est déroulé le 4em apéro de la communauté WdStr à Strasbourg. Cette communauté a pour but de réunir les webdesigners (au sens large, designers, intégrateurs et développeurs sont les bienvenus) une fois par mois autour d’un apéro, ou d’une repas, avec ou sans thème de soirée, pour faire connaissance et parler des problématiques du web d’aujourd’hui.

Le thème de ce 4em apéro était  » L’avenir des métiers du web » , 40 personnes se sont données rendez-vous dans les locaux de « My Client is Rich » pour une soirée débat/apéro. Pour ceux qui veulent voir le débrief de My Client is Rich, c’est par ici.

Voici le résumé de la soirée, j’ai surement oublié quelques trucs, donc n’hésitez pas à ajouter dans les commentaires vos impressions et mes oublis.

introduction métiers du web

Le premier thème abordé était celui du métier de “Webdesigner” au sens très large : définition et avenir.

Quel est le vrai sens de Webdesigner aujourd’hui ? Designer, intégrateur, développeur, tout en même temps ? »

Compte rendu  :  salle moitié – moitié webdesigner/inté/dev,  il faut se définir par rapport à la cible, le client. Un autre idée est également d’éduquer les clients pour les faire comprendre nos métiers. En agence, un webdesigner va être présenter comme “graphiste” alors qu’elle fera aussi de l’intégration, car c’est plus simple pour que le client puisse identifier. Pareil pour le développeur, qu’on associe encore souvent à “informaticien”.
Le métier “webmaster” même s’il disparaît, pour nous, professionnels du métier, est encore très ancré dans la tête des clients qui cherchent quelqu’un pour faire leur site de A à Z. Ranker sur ce mot clé sur Google peut apporter des clients potentiels.
Le livetweet :

  • Splash questionnement que met-on dans le mot webdesigner ? #wdstr
  • Les pro présents sont assez d’accord sur le fait que le webdesigner doit avoir des connaissances en intégration web
  • Le webdesign inclut-il le travail d’intégration ?
  • Une vision intéressante du « graphiste » : celui qui va s’occuper de l’aspect du site web (UI, graphiste, intégrateur) #wdstr
  • Retour d’un free : on me contact comme webmaster. Webmaster pour le client c’est celui qui sait tout faire. Grand public = webmaster #wdstr

Le concept du  “Webdesigner couteau suisse”

Vaut-il mieux se spécialiser, quitte à ne pas pouvoir répondre à cette demande “couteau suisse”, ou être plus polyvalent et tenter de toucher un peu un tout ?

De plus en plus d’agences cherchent le mouton à 5 pâtes (designer avec compétences en PHP, dev qui maitrise Photoshop), mais à trop vouloir en faire, ne fini -t-on par faire mal ? Différents avis, certains pensent qu’en freelance il vaut mieux être polyvalent . Un designer qui connait les règles de HTML/CSS ça peut aider à avoir des maquettes facilement intégrables. Mais justement, cela soulève la question du défis et de l’originalité : si les designers se cantonnent à faire des design faciles, ne perd-on pas justement toute cette innovation et ce défis pour le développeur de faire avancer le web ? “Moi j’aime bien les maquettes de in-intégrables, c’est un défis et ça m’éclate” témoigne un intégrateur.

Quand on travaille en agence, on peut justement se spécialiser plus, faisant parti d’une chaîne. L’idée d’évolution de carrière d’un spécialiste ou d’un polyvalent n’est cependant pas la même : l’un aura plus facilement tendance à évoluer vers le chef de projet multitâche, alors que le second évoluera vers l’expertise technique plus facilement.

L’idée du “design dans le navigateur” a été abordée : un designer qui a des compétences en HTML peut ne pas ouvrir Photoshop et directement faire son design dans le browser. La question de l’ergonomie a été évoquée : cela ne pose-t-il pas un souci, de faire le design avant l’ergo ? L’idée serait donc de commencer par les maquettes ergos, pour ensuite soit ouvrir Photoshop, soit ouvrir son navigateur, mais uniquement une fois que l’ergonomie de base est en place.

Livetweet

  • Ça commence à parler design dans le navigateur. Oh…#wdstr
  • Oui mais l’ergonomie + graphisme + intégration en même temps ça commence à être risqué. #wdstr

Vers une disparition du Flash ?

On constate une  disparition du flash comme technique d’animation et d’interaction sur les sites web et sur mobile au profit du canvas (HTML5) et CSS3, parallèlement une  évolution du flash desktop vers du gaming avec des effets proches des jeux vidéos de notre jeunesse et pour les rich interface.

Il faut comparer ce qui est comparable, même si HTML5 et CSS3 ont pris le pas sur des effets graphiques qui étaient avant réservés au Flash, le Flash a une longueur d’avance dans bien des domaines. Tout ce qui concerne les “riche user expérience” comme l’utilisation de la webcam dans un environnement de e-learning par exemple est encore largement dominé par Flash. Même si les APIs HTML5 avancent, elles conservent un niveau de retard et ne pourront pas égaler Flash avant un petit moment.  Un intervenant souligne également que Flash reste très utilisé dans tout ce qui est la publicité en ligne, que ce soit bannières ou fond cliquables, il n’est pas prêt de disparaître dans ce domaine

La question d’être  d’une technologie propriétaire a également été posée. Flash pose également des problèmes de référencement (même si ça c’est pas mal amélioré depuis).

Enfin, c’est la sortie de l’iPad qui aurait selon certains donné un petit coup de pied à flash, forçant les sites qui proposent beaucoup de contenus à trouver un autre moyen.

Livetweet

  • Flash a une tendance à être utilisé pour de l’applicatif. HTML5 pour conserver un contenu sémantique et l’aspect premier HyperText. #wdstr

• Ma grand-mère, mon petit frère et mon cousin au Cambodge m'ont dit qu'ils savaient créer des sites web

Le second thème abordé est celui d’une concurrence de plus en plus rude au fil des années et pour le future

D’où vient la concurrence aujourd’hui ?

Aujourd’hui cette concurrence viens de plusieurs endroits. Tout d’abord il y a les sites qui proposent des webdesigns clé en main, CMSs et autres 01&01 qui laissent penser à n’importe qui (dont ma grand mère) qu’il peut faire un site sans se ruiner. Pourquoi payer 1500/5000 euros quand on peut le faire soit même ?

La seconde concurrence est celles de ceux qui travaillent “au black”, étudiants qui apprennent à faire un site en suivant 3 tutos et cassent les prix du marché pour 300€ le site web.

Enfin la dernière concurrence est celle des pays étrangers à la main d’œuvre bien moins chère que la notre. Nous avons eut deux témoignages de gérants qui ont sous traité, l’un en Inde et Chine, l’autre en Roumanie. Les témoignages se rejoignent sur le prix de la main d’œuvre très basse, mais la qualité n’est pas forcement au rendez-vous au début. Il a fallut “essayer” plusieurs développeurs (près de 100 pour celui qui a sous traité en Chine) avant d’en trouver qui conviennent.

Face à cette concurrence, les intervenants ont soulevé les notions d’accompagnement du client et d’éducation. C’est à nous d’éduquer nos clients, et leur faire prendre conscience de la valeur ajoutée en terme de confiance et de gestion de projet d’une petite agence française.
Il est possible d’avoir un devis pour le même cahier des charges entre 500 et 18000€, d’où vient la différence ? Un cahier des charges compris autrement ? D’autres prestations ? Le coût de la main d’œuvre ?

Livetweet

  • Ma grand-mère, mon petit frère et mon cousin au Cambodge m’ont dit qu’ils savaient créer des sites web #wdstr #externalisation ?
  • Différence de tarif sur un même cahier des charges. Un site de 500 à 18000€. Mais pourquoi ? #wdstr
  • 2 personnes dans la salle qui sous-traitent à l’étranger pour raison de tarif et réactivité. Avis intéressant de gérants. #wdstr
  • Expliquer au client la qualité qu’il obtient, pour quel tarif. Toujours lui laisser le choix des cartes, pas s’abaisser niveau tarif #wdstr

Vers une institutionnisation de cette concurrence  via différents sites : 99designs, codeurs.com et autres boards avec des tarifs dérisoires (ok souvent sous-traités en inde pour le code) : une vrai concurrence pour notre industrie ? Faut-il en avoir peur ? Ou est-ce que notre savoir faire est au dessus de tout ça ?

La notion de “tout travail mérite salaire” a été abordée. Ce genre de sites ne proposent pas un salaire, mais une compensation à un gagnant, les autres participants ne reçoivent rien. Certains arguent d’une entreprise digne de ce nom qui a un business plan solide et des projets d’avenirs n’ira jamais faire faire un logo sur ce genre de site. Pourtant on voit de plus en plus de grandes entreprises comme Signal ou Disney dans les références de ces sites.

Un autre problème soulevé par ces sites est l’accompagnement : le prestataire faire un design basé sur un brief, sans aucune communication avec le client. La relation client est primordiale dans nos métiers : nous ne proposons pas que des pixels ou du code, nous proposons un accompagnement et une expertise. Ce genre de sites négligent totalement cet aspect de nos métiers.

Certains intervenants ont argumenté que ce genre de sites est un bon “départ” pour des étudiants qui voudraient avoir une première expérience, mais d’autres ont soulevé qu’il se ne s’agit pas d’une expérience, puisqu’il n’y a aucun retour de la part du client à part “vous avez gagné” ou “vous avez perdu”. La discussion avec un client, et les retours positifs autant que négatifs font partis de cette expérience qu’un jeune designer doit acquérir, ce genre de retours il ne les trouvera pas sur ces sites là.

Certaines entreprises voient les développeurs comme des “gens qui pissent du code”, alors qu’ils sont des architectes à part entière. Ce genre de sites néglige tout l’aspect architecte et se concentre uniquement sur la prestation de code.

Enfin a également été abordée l’utilisation de templates. Est-ce acceptable, lorsque le client n’a pas le budget, de lui proposer un template à 30€ que l’on va simplement modifier ? Certains pensent que ce n’est pas viable à long terme, car le template “tout fait” ne va pas refléter une identité qui perdure et accompagne le client au file du temps. Pour du court terme, c’est plus facile. Attention également au choix du template, un template mal codé peut vite devenir chronophage et faire perdre plus d’argent qu’on va en gagner.

Livetweet

  • 99designs, Wilogo, concours, quels problèmes pour notre métier ? #wdstr
  • On ne vend pas que la création du site mais on vend aussi le conseil #wdstr
  • L’identité graphique prend de plus en plus d’importance, le logo seul ne suffit plus. Ces « services » ne les proposent pas. #wdstr
  • Le client fini par savoir où aller si on lui explique que la relation de confiance est indispensable pour un projet réussi. #wdstr

En conclusion, pour faire face à ces nouveaux types de concurrence, le dialogue et l’éducation sont primordiaux. A nous de leur faire comprendre que l’on ne propose pas un “bien” (sous forme de pixels ou de code) mais une prestation de conseil, de service et d’accompagnement.

(Note : le compte rendu  a été mis sur ce blog pour le rendre disponible rapidement avec un template de commentaire déjà tout prêt et structuré, nous allons essayer d’améliorer le site WdStr pour 2013, j’avoue qu’au début on avait pas vraiment prévu d’y publier autre chose que des pages d’inscription à l’évènement)